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    3.1.5. : La graine


    Il existe autant de formes de graines qu'il existe de plantes, cependant, elles sont souvent composées des éléments suivants :

     gr-harict-dico-copie-1.jpg

    • Un tégument protecteur ( c’est l’enveloppe de la graine )
    • Un ou deux cotylédons ( selon les cas…) qui sont à la fois les réserves de la graine et la première partie verte à se présenter à l’air  libre ( sauf…) pour permettre la suite du développement. Il y a des exceptions dont nous allons parler
    • Une tigelle ( qui formera la tige )
    • Une radicule ( qui formera les racines )
    • Une gemmule ( qui formera les premières vraies feuilles )

     

    3.1.5.1 Monocotylédones ou dicotylédones

    Nous avons vu que les angiospermes se divisaient en 2 grandes classes : les dicotylédones et les monocotylédones.

    Ces deux classes présentent des différences assez importante dont les principales sont le nombre de cotylédons (1 ou 2 ) et la nervation des feuilles. Les monocotylédones ont généralement des feuilles aux nervures parallèles (herbes, orchidées...) alors que les dicotylédones ont généralement des feuilles aux nervures composées ou ramifiées .

    Les graines des monocotylédones et des dicotylédones sont différentes :

    gr harict dico-copie-1  gr maîs mono-copie-1

     

    3.1.6. La germination


    Toutes les graines ne germent pas de la même manière ; tout d'abord,  nous pouvons différencier les monocotylédones et les dicotylédones : 

    3.1.6.1. schémas comparatifs des germinations monocotylédones et dicotylédones

     

    germination mono

     

    Germination d'une monocotylédone : la radicule sot de la graine après avoir percé le coléorhize ; le coléoptile de son côté se dirige vers la surface avec en son sein la feuille qu'il protège des agressions du sol. Une fois à l'air libre, il arrête sa croissance, et la feuille qui en sort se développe. Le cotylédon, ici appelé en réalité le scutellum, reste dans la graine; son rôle était de nourrir le coléoptile pendant son développement. La première feuille donnera naissance aux suivantes. 

     

    Germination-dicot

    Germination d'une dicotylédone : la radicule sort de la graine et se dirige vers le bas pour former les futures racines ; elle se prolonge vers la graine par la tigelle devenue hypocotyle (signifie : sous le cotylédon) ; dans le cas représenté ci-dessus, cet hypocotyle se développe et tire avec lui vers la surface le reste de la graine, principalement constituée des cotylédons. Une fois à l'air libre, les cotylédons se déploient et rapidement, la première vraie feuille apparaît.

    La principale différence entre ces deux germinations réside dans le fait que la monocotylédone produit un coléoptile, sorte de fourreau qui protège la première feuille jusqu'à l'air libre. D'autres différences aussi au niveau des jeunes racines. 

    3.1.6.2. Hypogée ou épigée

    Les schémas ci-dessus nous montrent que les cotylédons du haricot sortent à l'air libre alors que le cotylédon du maîs reste en terre.... pourtant, ce n'est pas cette différence qui est mise en avant pour qualifier les différences en terme de germination et pour cause : la germination des dicotylédones peut être aussi hypogée, c'est à dire que les cotylédons peuvent parfois aussi rester sous le niveau du sol. Pour cette raison, nous devons encore différencier les germinations hypogées (lorsque les cotylédons restent sous le niveau du sol) et épigées (lorsque, comme dans notre exemple du haricot, les cotylédons se développent à l'air libre et donc au dessus du niveau du sol).                                                                                        

    épigée

    EPIGEE (haricot...)

    germihypogée

    HYPOGEE (chêne...)

    3.1.6.3. Conditions particulières pour la germination de certaines graines

    Même lorsque nous avons de bonnes semences, il n’est pas encore certain de les voir germer ; en effet, certaines graines  demandent des traitements spéciaux pour germer.

     froidt117531.jpg

    • VERNALISATION : certaines plantes des régions froides ou tempérées ont ‘’ peur ‘’ de voir germer leurs semences alors que l’hiver n’est pas terminé ; afin de se protéger de cette éventualité, elle ont besoin de savoir que la saison froide a bien eu lieu ; si les graines n’en ont pas été exposées au gel, elles ne germeront pas ; en fait, elles contiennent  une hormone qui les empêche de se développer, et cette hormone ne peut être rendue inactive que par le gel. Il est possible de ‘’ faire croire ‘’ à ces graines que l’hiver est passé en les conservant un certain temps au frigo ou au congélateur avant de les semer. Dans nos régions, on peut semer ce genre de plantes à l’automne puisque il gèle en hiver. Cette exposition au froid s’appelle la vernalisation.

     stratification-pot.jpeg

    • STRATIFICATION : plutôt que de fabriquer une hormone, certaines plantes qui ont les mêmes craintes que expliqué dans la vernalisation ont choisit d’envelopper leurs graines dans de gros fruits dont la coque est épaisse et ne peut être ‘’ ramollie ‘’ que par les rudes conditions hivernales ( froid, humidité, gelée…). Si l’on désire faire germer ces graines, il faudra les stratifier, c’est à dire les disposer dans de gros pots en terre cuite par couches successives séparées par des lits de sable ; ces pots seront placés dehors à l’automne ( et protégés des rongeurs ), et l’hiver ayant fait son œuvre, les graines seront semées au printemps.

     

    • PRE GERMINATION : certaines plantes tropicales ont des graines très dures qui doivent séjourner un certain temps dans les conditions d’humidité et de chaleur de la forêt …tropicale…, lorsque l’on cultive ces plantes, il n’est bien entendu pas question de les exposer au gel pour les ‘’ ramollir ‘’, dans ce cas, on pratique en serre la pré germination, c’est à dire que l’on les trempe 2 – 3 jours dans de l’eau chaude afin d’en altérer l’enveloppe et donc d’en permettre la germination.brosse-papier-emeri-1.jpg

     

    • SCARIFICATION : il n’est nullement question ici du traitement des mousses, mais le terme est semblable ; scarifier des semences, c’est en altérer l’enveloppe dure à l’aide de limes ou de papier de verre ou encore de machines du genre éplucheuse à pommes de terre…afin de permettre l’humidité d’y pénétrer et donc de déclencher la       germination.

     


     Améliorations artificielles de certaines graines

    Pour augmenter la qualité commerciale des semences, on pratique parfois certaines améliorations qui vont permettre une meilleure germination, une utilisation plus aisée et un rendement supérieur.

     

    • DESINFECTION : les graines sont trempées dans un fongicide et/ou un insecticide afin d’éviter qu ‘elles ne soient attaquées par un champignon ou un insecte ; par exemple, il n’est pas rare que les graines de haricots soient dévorées par les bruches ( petit insecte brun ligné avec un grand rostre ), si elles sont enrobées d’un insecticide, après un repas, les bruches seront détruites ; les fongicides empêcheront les champignons de faire pourrire les semences en cas d’humidité accidentelle.

    Les graines traitées de la sorte sont généralement colorées afin que l’on ne les consomme pas et que l’on ne les donne pas en nourriture à des animaux comme les oiseaux par exemple.

     

    • ENROBAGE : certaines graines de première qualité sont enrobées d’une matière de charge ( pour donner du volume ) mélangée à un engrais et parfois également de produits de protection fongicide ou insecticide ; cela permet d’augmenter encore le pourcentage de germination et également de semer les graines avec précision à la main, mais aussi mécaniquement. Certaines graines de gazon pour regarnissage sont enrobées d’un produit répulsif contre les fourmis et les oiseaux.

     

    • BANDELETTES : certaines graines que l’on sème généralement en ligne puis que l’on éclaircit ensuite ( voir le semis ) sont disposées par le producteur sur des bandelettes de 4 -5 m de longueur, en déroulant ces bandelettes dans le sillon de semis, on aura la même distance entre chaque graine et l’éclaircissage ne sera plus nécessaire ; il est bien entendu que les graines traitées de la sorte sont également de première qualité et généralement enrobées ( afin d’avoir une germination maximale et donc pas de trous dans la ligne ) ; on trouve des carottes, des navets et quelques autres légumes à éclaircir sous cette présentation.

     


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  • 3.1.7. : Le semis


    La mise en bonnes conditions de semences pour la germination est le semis ; il est possible de semer à différents emplacements et de disposer les graines de différentes manières selon leur taille, leur pouvoir germinatif, les traitements particuliers éventuels dont elles ont fait l’objet, les impératifs de germination…

     

    3.1.7.1.  Choix de l'emplacement des graines

     

    • En place : on sème en place les plantes ou légumes qui ne se repiquent pas, c’est à dire, qui seront récoltés à l’endroit même ou ils ont étés semés. C’est généralement le cas pour les carottes, navets, persil, haricots, épinards etc. ainsi bien entendu que pour le gazon et certaines plantes vivaces. Il est évidant que pour semer en place, il faut choisir une saison propice qui généralement se situe au printemps, après les dernières gelées, lorsque les jeunes plantules ne risquent plus de succomber aux rigueurs de l’hiver… Si l’on sème en place des semences qui ne sont ni enrobées ni sur bandelettes, on en met généralement trop, ce qui nous obligera à éclaircir la ligne une fois toutes les graines germées ; cela signifie que nous devrons enlever les plantules trop serrées qui s’empêcheront mutuellement un développement optimal, lors de l’éclaircissage, on enlève toujours la plantule la plus chétive pour favoriser la plus prometteuse. Si l’on possède des couches, il sera possible de semer un peu plus tôt en place dans celles-ci puisqu’il sera dès lors possible de protéger les semis par des châssis et des paillassons en cas de gel ; par la suite, les châssis augmenteront l’effet de chaleur du soleil ce qui avancera encore notre culture. Si un semis en place n’est pas fait sous châssis mais directement dans le potager on parle de semis en pleine terre.

     

    • En godets ou pots en tourbe ( jiffy pots ) : Certaines plantes que nous désirons obtenir le plus tôt possible dans la saison sont semées à l’intérieur afin d’être repiquées dès que la saison le permet, ce qui nous fait gagner tout le temps de la germination ; parfois malheureusement, ces plantes ne supportent pas le repiquage ; on les sème donc en poquets ou godets ( petits pots ), ou en plaquettes multipots, ce qui permettra de les repiquer ensuite avec leur motte sans déranger les racines ; les pots en tourbe ont cet avantage qu’il n’est pas nécessaire de dépoter la plantule pour la repiquer puisque le pot est organique et va se décomposer rapidement dans le sol.

     

    • En terrines : De nombreuses plantes doivent faire l’objet d’une plus grande attention lors de leur germination et nécessitent des soins particuliers comme chaleur de fond, humidité relative élevée, température régulière, pas de courants d’air, pas d’exposition directe aux rayons du soleil etc. ; c’est le cas d’un grand nombre de plantes annuelles ( bégonias…) ou fragiles ( plantes tropicales, orchidées…) ou dont les semences sont très chères, ce qui implique que l’on doit les semer en terrines qui seront disposées dans un environnement sécurisé et idéal jusqu'à la germination complète ; ensuite, on les repiquera soit en place soit à nouveau en terrine avant de les rempoter ou de les installer à leur place définitive ; n’oublions pas qu’un horticulteur produit généralement des plantes destinées à la vente et qu’il est donc rare qu’il soit celui qui les installera à leur emplacement définitif ; il faut qu’il propose une marchandise facile à transporter et le pot est jusqu’ici le meilleur moyen…Dans de nombreux cas, une plante semée en terrine puis repiquée en terrine puis enfin rempotée sera de qualité bien supérieure à une plante semée dans un pot ou rempotée en sortant de la terrine de semis, cela est dû au fait que chaque fois que l’on déterre la plantule, son enracinement se ramifie et donc se renforce, ce qui permet ensuite une meilleure résistance et un développement généreux des parties aériennes.

     



    Bien préparer une terrine:


    terrine vide

     

    Choisir une terrine de dimension appropriée à la quantité de semences dont nous disposons et veiller à ce qu’elle soit bien percée par des trous de drainage, propre     ( au besoin la nettoyer et la désinfecter ), sans défauts ( fendue, cassée…)

     

    terrin tesson Recouvrir les trous de drainage avec des tessons de pots disposés comme des petits ponts, ce qui empêchera qu’ils se bouchent tout en permettant l’évacuation de l’eau d’arrosage

     

     

    terin argx
    Recouvrir les tessons avec du matériel de drainage comme par exemple de l’argex   ( petites billes d'argile cuite ) ou du gravier ou encore des déchets de tamisage ( criblure ) afin que l’eau d’arrosage puisse s’évacuer sans jamais stagner.


    terin compl
    Charger la terrine à 3/4 avec du terreau de semis et bien tasser les bords et le centre avec le bout des doigts.



    Compléter avec le même terreau tamisé en n’hésitant pas à dépasser la surface, passer ensuite avec une réglette afin de niveler impeccablement la terre au niveau du bord.

    Tasseterrin recouvrter à l’aide d’une damette de manière à ce qu’il reste un bord de 1 à 2 cm afin que les plantules germées ne touchent pas la vitre que nous poserons après le semis ; il faut également penser à tasser un peu plus le bord que le centre afin de donner à la terre une forme bombée, ce qui ramènera l’eau vers les bords plutôt que de faire une ’’flaque’’ au centre.


    Humidifier le contenu de la terrine en la trempant quelques minutes dans un bac d’eau sans l’immerger complètement ( afin que l’eau ne rentre pas par le dessus )puis attendre que le terreau soit ressuyé avant de semer.

    Semer en veillant à être régulier ; si les graines sont très petites, on peut les mélanger à du sable afin de mieux voir ce que l’on fait. La meilleure façon de semer est de couper un coin du sachet et de tenir celui-ci entre le pouce et le majeur, et tapoter doucement le dessus avec l’index afin de faire tomber les graines délicatement ; on peut aussi plier un papier en v et procéder de la même manière.

    terrin couvrteEtiqueter la terrine en indiquant le nom des plantes, la variété et la date de semis.

    Couvrir la terrine d’une vitre afin de maintenir l’humidité et la chaleur jusqu’à la levée des semences.

     

     

    Disposer la terrine à un endroit ou elle ne sera pas exposée à la lumière directe du soleil, et idéalement sur chaleur de fond.

    Retourner la vitre matin et soir afin d’éviter que l’eau de condensation sur celle-ci ne retombe continuellement sur le terreau risquant ainsi une humidité trop élevée en surface.

    terrin aéree bnne

    Aérer dès la levée des premières semences en soulevant la vitre pendant la journée mais en la refermant la nuit.

     

     

     

    Enlever la vitre dès que toutes les graines sont germées.

    Repiquer les jeunes plantules dès qu’elles ont deux vrais feuilles et avant qu’elles ne se touchent.

     

    NB: il est également possible d'installer les terrines dans une tablette à multiplication avec chaleur de fond et recouverte d'arceaux avec plastique; dans ce cas, il n'y a plus besoin de vitre.


     

    3.1.7.2.  Disposition des graines

     

    • semis ligne

    En ligne : principalement lorsque l’on sème en place ( potager ) ou en couche, on trace des petits sillons avec un sillonneur ou un tuteur et l’on y dispose les graines que l’on recouvrira ensuite avec du sable, du terreau de semis ou encore la terre franche si les semences sont de grosse taille ; si les semences sont petites, on en sèmera certainement un peu trop, ce qui nécessitera un éclaircissage après la levée ; cet éclaircissage ne sera pas nécessaire avec les plus grosses graines et les semences enrobées que l’on aura eu facile de mettre directement à la bonne distance ( qui dépend du développement final de notre plante). C’est également le cas pour les bandelettes,  les graines y sont déjà à bonne distance.

     

    • semis volee A la volée : semer à la volée, c’est épandre les graines sur toute la surface sans suivre des lignes ; c’est généralement de cette manière que l’on ensemence les terrines dont le contenu sera ensuite repiqué ; il faudra cependant veiller à garder une distance suffisante entre les semences afin que les plantules ne se gênent pas avant le repiquage. C’est également de cette manière que l’on ensemence les pelouses…

     

     

    •  semis poquet

    En poquets : semer en poquet, c’est mettre les semences à bonne distance l’une de l’autre mais par groupes de deux ou trois ; on pratique de la sorte lorsque l’on n’est pas certain d’avoir une germination à 100 % ou lorsque l’on cultive des plantes grimpantes ( haricots à rame… ) sur des perches ( on aura ainsi plusieurs haricots par perche ce qui donnera une meilleure récolte sur la même surface ).

     

    •  Graine par graine : lorsque les semences sont grosses et que l’on est certain de leur bonne germination, on sème les graines une par une ( et non plus en poquets ) directement au bon endroit et à la bonne distance, on ne devra donc pas éclaircir ; bien entendu, cela se pratique avec des variétés qui ne se repiquent pas et que l’on sème en place. Les graines enrobées se sèment généralement de cette façon.

     

    Pour les semis en place sur grande surface, il existe des moyens mécaniques; c'est le cas pour les parcelles agricoles mais aussi pour les pelouses par exemple.Il existe également de petits semoirs semi-pro pour grands potagers (maraîchers par exemple).


     

    3.1.7.3. Choix de l'époque de semis

     

    Il est très important de bien choisir l’époque à laquelle on pratique un semis ; celle-ci varie selon les cultures et les variétés élevées mais aussi en fonction de l’infrastructure dont on dispose       ( serres chauffées, serres à multiplication, couches, rien…). Lorsque vous étudierez les cultures     ( chapitre : exemples de cultures ), veillez à bien retenir les époques de semis.


     

    3.1.7.4. Choix du sol et des substrats


    L’une des conditions de réussite d’une culture, c’est la composition et la qualité du sol ou du terreau qui va la recevoir ; nous n’entrerons cependant pas immédiatement dans le détail puisque cette matière est prévue dans le chapitre : terreaux et substrats.


     

    3.1.7.5. Soins après le semis


    L’ombrage, l’aération, l’arrosage, le repiquage, l'empotage… sont autant d’opérations importantes à effectuer afin de mener à bien un semis, elles feront l’objet d’un autre chapitre ( facteurs de croissance ) ; il est cependant bon de savoir que :

     - Les jeunes plantules ne supportent généralement pas l’exposition directe au soleil.

     - Il faut aérer les semis dès la levée afin d’éviter la pourriture due à l’eau stagnante.

     - Il faut apporter l’arrosage nécessaire à la germination, sans excès mais suffisant.

     - Il faut repiquer à temps si l’on ne veut pas voir filer les jeunes plantes.

     

    Quelques machines utiles en grandes surfaces

     


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  • 3.2. : Les techniques de multiplication végétative

     

    Par multiplication végétative, on entend tous les types de multiplication qui ne font pas intervenir les deux sexes ; en effet, les végétaux ont cette faculté extraordinaire de pouvoir se ‘’ reproduire ‘’ à partir d’un fragment, d’une repousse, d’une plaie etc.…cela est possible grâce à certaines particularités de leurs cellules ; voici les principales techniques de multiplication végétative.


     

    3.2.1.      Le bouturage

     

    Bouturer, c’est prélever une portion de végétal et la mettre dans des conditions permettant de lui faire reformer une plante entière.

     

    Types de boutures :

     

    En fonction du morceau prélevé :

     

    •  le bout d’une tige ( bouture de tête ),
    •  un morceau de tige    ( bouture de tige ou de tronçon de tige ),
    •  un morceau de racine ( bouture de racine ),
    •  une feuille ( bouture de feuille ),
    •  quelques cellules choisies ( bouture in vitro ).

     

    En fonction de la nature de la plante :

     

    Entre un Helichrysum et un Cornus, il existe de nombreuses différences comme la taille de la plante bien évidemment, mais aussi la structure des tiges ( l’ Helichrysum est herbacé, le Cornus est ligneux)

     

    Les époques et les techniques de bouturage seront différentes si les plantes sont soit :

    •   ligneuses caduques
    •   ligneuses ou semi ligneuse persistantes
    •   herbacées

     

    Par exemple, pour un Helichrysum, on parlera de bouture de tête herbacée ; pour un cornus, on parlera de bouture de tête ligneuse sans feuilles, pour un skimmia, de bouture de tête semi-ligneuse à feuillage persistant.


     

    3.2.1.1. La bouture de tête (exemple: Pelargonium hortorum )

     

    Cliquez sur les images pour les agrandir !  

    • Prélever une tête de 8-12 cm sur une plante saine; sur le pied mère, couper juste au dessus d'un noeud.

    boutpela1  boutpela2boutpela3boutpela4                                    

    • sur la bouture, couper juste sous un oeil la partie inférieure (coupe bien nette avec greffoir tranchant)

       

       

     

     

     

    • enlever les feuilles et les stipules du bas, les fleurs ou boutons éventuels; ne laisser que 2 feuilles de la tête

    boutpela5               boutpela6

    boutpela7

     

     

     

     

                                                                            

    • il faut que la bouture puisse fabriquer du glucose par la photosynthèse; cependant, il est important qu'elle transpire le moins possible car sans racines, elle ne peut s'approvisionner en eau; elle ne peut compter que sur ses réserves. Si l'une des deux feuilles restantes était trop grande, la réduire de moitier comme le montrent les images ci-dessous

    boutpela8

                                                                      boutpela10

    boutpela9

     

     

     

     

     

     

    • boutpela11 

    La bouture est à présent terminée; il reste à tremper la plaie dans de la poudre d'hormones de bouturage, puis à la repiquer, par exemple en plaquette multipots ( arroser, étiqueter, disposer en tablette à multiplication ). Pour la culture complète, voir les chapitres ''exemples de cultures''.

    boutpela12

     

     

     

     

     

     

     

    Dans l'exemple ci-dessus, nous avons détaillé une bouture de tête de Pelargonium hortorum qui est considéré chez nous comme plante herbacée ; il est également possible d’effectuer de la même manière des boutures de tête sur des plantes ligneuses ou semi-ligneuses persistantes, cependant, l’époque de prélèvement sera différente et en fonction d’elle parfois la longueur de la bouture .boutif4

    Dans certains cas, principalement lorsqu’un végétal développe des petites pousses semi-ligneuses sur des tiges ligneuses, on peut pratiquer des boutures à talon, c’est à dire qu’au lieu de couper juste sous un œil à la partie inférieure, on arrache la bouture de la tige qui la porte avec un peu de son écorce ; c’est cela que l’on appelle un talon

     

    Exemple sur un Taxus:

     

     

    boutif1boutif2boutif3

     

     

     

     

     

     

     

    BOUTMAILLET2

     

     

    bout maillet prélvmt

     

    Assez semblable au talon, il y a le maillet ; plutôt que d’arracher un morceau de l’écorce de la tige              ‘’ porteuse ‘’, on en découpe un tronçon ; on pratique de la sorte lorsqu’elle est trop fine que pour lui arracher un talon ( Berberis...) ; dans ce cas, on parle de boutures à maillet.

     

     

     

     

     

     


     

      3.2.1.2. La bouture de tige

     

    Bien que parfois utilisée pour des plantes herbacées dont les tiges sont longues et permettent de prélever plusieurs morceaux ( Pelargonium hederaefolium…), cette technique concerne principalement les plantes ligneuses, et plus spécialement, les plantes ligneuses caduques.

    Dans le cas des herbacées, on pratiquera de la même manière que pour les caduques ligneuses  ( voir ci-dessous ), mais la longueur sera de 8-10 cm comme les boutures de tête (herbacées).

     

    Bouture de tige d'un ligneux caduc:

    boutigeok-copie-1.jpg

    •        Prélever en hiver des tiges de l’année bien aoûtées sur des plantes saines
    •        Les découper en morceaux de 20-25 cm de longueur ( ligneuses uniquement ).
    •        Veiller à bien couper au dessous d’un œil à la base et au dessus d’un œil à la partie supérieure.
    •        Idéalement, la coupe du bas sera droite alors que celle du dessus sera en biseau ( d’une part pour l’écoulement de l’eau, d’autre part pour reconnaître le haut et le bas lors du repiquage ( il n’y a plus de feuilles à cette époque sur les arbustes caducs )).
    •        Parfois, on blesse l’écorce sur quelques cm en bas puis on pose de la poudre d’hormones sur la plaie.
    •        Enterrer les boutures en ne laissant dépasser que 5 cm au dessus du sol ( il y a donc environ 20 cm de tige dans le sol ).

     

    boutigebot 001

     

     

     

    La bouture ci-dessus est dite nodale car on coupe juste au dessus et en dessous d’un œil ( nœud ), certains arbustes à enracinement aisé peuvent-être coupés entre deux yeux, on dit alors que la bouture est inter nodale mais cette technique est peu pratiquée.

     

     

     


     

     

      3.2.1.3. La bouture de tronçon de tige

     

    boutficelas-001.jpgCertaines plantes dont les tiges sont garnies de nombreux yeux rapprochés peuvent se bouturer par petits tronçons de tiges avec ou sans feuilles ; c’est le cas par exemple du Ficus elastica dont on prélève un petit morceau de tige garni d’une feuille que l’on enroule afin de diminuer la transpiration ; on enterre ensuite légèrement ce tronçon et l’œil situé au dessus de la feuille va se développer en une nouvelle plantule ; cette bouture de ficus peut se faire à n’importe quelle saison en serre et sur chaleur de fond.

     

     

     

     

    boutdief1 001

     

    boutdief2 001Dans d’autres cas,

    ( Dieffenbachia…) il est même possible de découper des ‘’ rondelles ‘’ de tiges sans feuilles et de les poser à plat sur le terreau ( et chaleur de fond ).

     

     

     

     

     


     

       3.2.1.4. La bouture de feuilles

     

    Certaines plantes ne possèdent pas de tige, il est donc impossible d’y prélever des boutures de têtes ( par exemple, les saintpaulias, les Bégonia rex, les Sansevieria…) ; dans ce cas, il est possible de pratiquer des boutures de feuilles qui jouent alors également le rôle de tiges.

     

    boutsaintpaulia

     

     

    Si les feuilles sont petites ( Saintpaulia… ), on prélèvera l’une d’entre elles avec son pédoncule et on la posera à plat sur la terrine avec le pédoncule enterré .

     

     

     

    Si les feuilles sont grandes ( Bégonia rex …), on en détache une en bonne santé, on pratique des incisions sur les nervures principales, puis on la couche à plat sur le terreau en la maintenant avec des petits crochets ; si elle réussit, il y aura une jeune plantule à chaque incision.

    boutsans2 001Dans certains cas de feuilles dépourvues de pédoncule

    ( Sansevieria…) on peut découper celles-ci en petits tronçons que l’on repiquera à la verticale dans le terreau ; c’est souvent le cas pour les cactées et plantes grasses dont les feuilles jouent fréquemment le rôle de tiges ( attention, lors du bouturage de cactées, laisser sécher la plaie plusieurs jours avant de repiquer

     

    Bouture de Sansevieria ayant produit des pousses.

     

    NB le cas particulier du Sansevieria trifasciata 'Laurentii'; la coloration jaune du bord des feuilles est due à un virus; si lors du bouturage, il n'y a pas de partie jaune, les jeunes seront verts ordinaires. Il en est de même si l'on sème cette variété, le virus ne se transmettant pas dans les graines.


     

    3.2.1.5.   La bouture de racines

     

    Il est également possible de multiplier certaines plantes en découpant les racines en tronçons, c’est le cas par exemple des pavots vivace, des phlox, des anémones du japon… 

    Des tronçons de 5 à 8 cm de longueur dans la partie la plus charnue de la racines sont découpés et remis en terre verticalement ( et dans le bon sens ), la partie supérieure à fleur de surface. Pour certaines plantes ( Phlox, anémones....) dont les racines sont plus fines, la position horizontale donne de meilleurs résultats. 

    Ce mode de multiplication est généralement pratiqué en hiver ; il n’est pas nécessaire d’utiliser des hormones ; par contre il faut choisir des morceaux de racines bien développés, charnus, bien gorgés d’eau et surtout en parfaite santé.

    Dans la même ‘’ lignée ‘’ , on peut aussi parler des boutures de souches tubéreuses ; en effet, certaines plantes ( principalement les dahlias ) ont des racines tubéreuses très faciles à bouturer : à l’automne, lors de l’arrachage des plants, laisser sécher quelques jours afin que ‘’ l’énergie ‘’ des feuilles redescende vers les racines, puis recouper ces feuilles à environ 2cm au-dessus du collet, et enfin séparer les tubercules qui donneront chacun une nouvelle plante.


     

      3.2.1.6. Le bouturage IN VITRO 

     

    La culture in vitro est une technique de laboratoire qui permet de multiplier des plantes en grand nombre dans un espace réduit.

    Elle est actuellement utilisée pour multiplier des plantes ou des variétés rares, poussant lentement, ne donnant que peu ou pas de graines ou de rejets, ou encore très demandées dans le commerce . Elle permet également de produire des plantes sans virus.

    Pour mieux comprendre son fonctionnement, il est bon de savoir ceci :

     

    • au bout des tiges et des racines des végétaux se trouve l'apex, dans cet apex se trouve un méristème. En simplifiant, on pourrait définir le méristème comme un ensemble de cellules non différenciées, c'est à dire qui n'ont pas encore reçu de rôle particulier à jouer. Cet état permet donc à la plante de s'adapter continuellement aux impératifs du milieu qui l'entoure puisque les cellules de ses extrémités peuvent devenir différents organes.
    • si on sépare ce méristème de la plante mère et l'installe en conditions favorables, ses cellules vont immédiatement recevoir '' des ordres '' afin de former des racines vers le bas ( gravitropisme ) et des organes végétatifs vers le haut ( phototropisme ) sous l'effet des hormones qui gèrent ces tropismes. On obtiendrait donc tout simplement une nouvelle plante à partir d'une tête, comme un bouturage classique. Par contre, si ce même méristème est installé dans des conditions particulières qui continuent d'empêcher ses cellules de se différencier, ces dernières vont continuer de se reproduire en grand nombre, toujours sans se différencier et ainsi former un amas informe de plus en plus gros appellé un cal.
    • Le cal serait donc, dans ce cas, un très gros méristème; un gros ensemble de cellules non différenciées. Découper ce cal en petits morceaux et les remettre dans les mêmes conditions particulières provoquerait à nouveau la formations de cals... 

    De nos jours, on connait parfaitement les rôles de différentes hormones végétales dont celles qui empêchent les cellules de se différencier ainsi que celles qui les obligent à se différencier. On peut donc aisément provoquer la formation de cals, puis aisément amener les morceaux de cals à se différencier et former de jeunes plantules.

    A partir d'un méristème, on peut donc former un cal, le découper en morceaux, remettre ces morceaux en conditions pour reformer de nouveaux cals, eux-même découpés et enfin installés en conditions pour reformer de petites plantules...

    A partir d'un apex, former un cal et le diviser en 10, reformer 10 cals et les diviser à nouveau en 10 : voilà 100 boutures à partir d'un petit bout de tige de 0,4 mm.....

     

     boutur_invitro.gif

     

    3.2.1.6.1. comment ca marche ?

     

    La multiplication in vitro se pratique en trois grandes phases :

     

    • L’installation
    • La multiplication
    • Le sevrage

     

    L’installation :

     

    C’est la phase qui consiste à prélever le groupe de cellules ( la mini bouture ), à le désinfecter, puis à le poser sur un milieu de culture approprié.

     

    On peut prélever un apex bien entendu, mais aussi d’autres parties du végétal ( même des graines (…) )

     

    La désinfection est primordiale car le milieu qui va recevoir la bouture est tellement riche qu’il favoriserait aussi la multiplication des champignons ou bactéries éventuellement présents sur celle-ci ; cette désinfection se fait généralement avec de l’alcool à 70°, des solutions de javel diluée…( il faut tuer les champignons ou bactéries sans tuer la cellule de végétal…)

    Le repiquage sur milieu approprié se fait dans des hottes stériles avec une soufflerie qui empêche les ‘’ microbes ‘’ du repiqueur d’atteindre le bocal…

    Le milieu est composé d’une espèce de gel stérile ( parfois même liquide ) fabriqué à base d’agar agar ( une algue ) et dans lequel sont ajoutées des vitamines et des hormones…

     

     

    La multiplication :

     

    Si l’on installe notre apex sur un milieu contenant beaucoup de 2-4-d, il va continuer à se développer sans différencier ses cellules et donc former un cal ; une fois celui-ci assez gros, on va le découper en morceaux que l’on va alors installer chacun dans une éprouvette contenant un nouveau milieu permettant la différenciation ( et donc la formation cette fois d’une petite  plantule ) .

    Les éprouvettes sont installées dans des armoires ou des locaux spéciaux, avec lumière artificielle ; bien entendu ces éprouvettes sont fermées afin d’éviter tout ‘’ microbe ‘’ d’y entrer ; l’échange gazeux se fait entre la plante et son milieu…(  )

     

     

    Le sevrage :

     

    La phase la plus critique de la culture in vitro est le sevrage, c’est à dire le passage des plantules de leur milieu riche et aseptisé vers la terre et l’atmosphère normale d’une serre…

    Les plantules issues d’éprouvettes ont généralement du mal à refermer leurs stomates ( car elles les gardent ouverts en tubes ( ) ) et ont donc tendance à se dessécher rapidement dans une atmosphère de serre normale, pour cela, on dépose tout d’abord les tubes ouverts dans des pièces artificielles ou le taux d’humidité est extrêmement élevé ; ensuite, après avoir soigneusement nettoyé les racines de toute trace de milieu ( afin d’éviter la propagation de maladies  éventuellement présentes dans le substrat ( désinfecté bien entendu )), on les installe enfin dans des pots et terreaux ordinaires…



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    3.2.2. : Le marcottage

     

    Le marcottage consiste à provoquer la formation de racines sur une partie de végétal AVANT de la séparer du pied mère.

     

    Types de marcottes :

    Plusieurs types de marcottes existent, ainsi, on peut :

     

    • Mettre une portion de tige en contact avec le sol en l’arquant et en la maintenant avec un crochet ( marcottage simple, marc. en serpenteau ).
    • On peut aussi ‘’ butter ‘’ la plante mère afin de provoquer l’enracinement de ses tiges (marcottage en butte, marc. par couchage).
    • Il est également possible ‘’ d’apporter ‘’ le sol à la partie que l’on veut voir s’enraciner si celle-ci est trop haute par exemple        ( marc. aérien ).

     

    Conditions de réussite :

     

    •  Lorsqu’il s’agit d’arbustes ligneux, la marcotte réussit mieux sur des tiges bien aoûtées. 
    •  Le marcottage des plantes d’extérieur sera opéré au printemps ( mars ), la chaleur favorisant l’enracinement.
    •  L’arcure de la branche et ou sa mutilation ( incision au greffoir ) favorisent l’apparition des racines.
    •  L’application d’hormones sur l’incision est également bénéfique.
    •  Le maintient d’une humidité toutefois sans excès est nécessaire dans tous les cas.

     

    3.2.2.1.  La marcotte simple

     

    Consiste à coucher en terre un rameau assez long, dans une rigole à sa portée ( et donc à côté de la plante mère ) permettant de le recouvrir d’au moins 10 cm de bonne terre ; ce rameau sera maintenu dans le fond de la rigole avec 1 ou plusieurs crochets ; sa tête sera relevée hors de terre et tuteurée.

     

    MARCOTSIMPLEOK

     

     

    Parfois ( vignes…) on dispose à l’endroit prévu de l’enracinement, un panier, ce qui permettra lors du sevrage ( séparation du rameau enraciné de la plante mère ) de ne pas déranger les jeunes racines, le panier faisant office de motte…

     

     

     

     


     

    3.2.2.2.  Le marcottage en serpenteau

     marcotserp

    Principalement utilisé pour des plantes qui produisent chaque année de longues pousses comme les glycines ( Wisteria ) et les clématites ( Clematis ). L’avantage de cette technique est que l’on obtient plusieurs plantules sur une seule tige.

     

    • En mars, travailler finement le sol autour de la plante mère.
    • Sélectionner des tiges longues ( 1 à 3 mètres ) de l’année précédente proches du  sol.
    • Blesser ces tiges entre les nœuds ( si les nœuds sont trop rapprochés, espacer les blessures, il est impératif que un œil soit à l’air libre entre chaque blessure ).
    • Badigeonner chaque blessure avec des hormones.
    • Coucher les tiges sur le sol et maintenir chaque blessure légèrement enfoncée à l’aide de deux bons cavaliers ; veiller à ce que l’œil suivant la blessure ressorte bien du sol et soit muni d’une feuille. 
    • Surveiller l’humidité à chaque blessure pendant toute l’année et tenir le sol propre .
    • Les marcottes seront sevrées lorsqu’elles auront produit des racines à l’emplacement des blessures et une jeune pousse sur l’œil à l’air libre.

     

    3.2.2.3.   La marcotte en butte ( ou en cépée )

     

    marcotbut.jpg

     

     

    Se pratique principalement sur de petits ou moyens arbustes poussant en touffe .

    Au pied d’une touffe ( érica …) ou d’un arbuste ayant été recépé afin de produire de nombreux rameaux       ( spirées, cornus…), on amoncelle au début du printemps une butte de terre de 30 à 50 cm de hauteur.

    La base des branches ou des rameaux ainsi recouverte de terre maintenue humide ( attention sans excès surtout pour les éricas et calunas ) va s’enraciner, et l’année suivante chaque rameau donnera une plante complète qu’il suffira de sevrer du pied mère et de replanter.

    Le sevrage des marcottes effectuées en plein air se fait généralement pendant le repos de la végétation.



     

    3.2.2.4.   Le marcottage par couchage

     

    Cette technique consiste à provoquer l’apparition de jeunes pousses verticales enracinées sur une tige maintenue horizontale ; c’est une combinaison des marcottages simples et en butte.

     

    • En mars de la première année, rabattre un arbuste choisi à 5-10 cm au dessus du sol ; pendant toute l’année, il va produire de nouvelles tiges.
    •  En mars de la seconde année, travailler finement le sol tout autour de l’arbuste et pincer les jeunes tiges en périphérie ( couper juste la tête, soit 10-15 cm ).
    •  Les jeunes tiges ainsi préparées seront couchées sur le sol afin de rayonner tout autour de la plante mère et maintenues avec des crochets.
    •  Des drageons verticaux vont bientôt apparaître ; dès qu’ils mesurent 6-8 cm, les butter en ne laissant dépasser que la tête ; les butter une seconde fois lorsqu’ils mesurent 15 cm ( le buttage va provoquer leur enracinement ).
    • Normalement, en automne, il sera possible de débutter et de sevrer tous les drageons à présent enracinés.

    marcotcoucha.jpg

    Parfois, on appelle ce marcottage ‘’ marcotte chinoise ‘’ afin de ne pas le confondre avec le marcottage simple. Dans  le marcotte par couchage, ce sont des tiges verticales qui se développent sur une tige horizontale, la marcotte simple,  c’est la tige que l’on couche qui s’enracine.


     

    3.2.2.5.   Le marcottage aérien

     

       Ce type de marcottage est pratiqué sur des rameaux dont on ne peut modifier la position, c’est à dire que l’on ne peut amener vers le sol, il faut donc amener le sol à l’endroit que l’on désire enraciner ; c’est le cas de nombreuses plantes de serre en pot dont les tiges ne sont pas facilement ‘’ pliables ‘’ comme les Ficus, les Dracenas, les Dieffenbachias, les Philodendrons…

    Il sera nécessaire de bien choisir l’emplacement des futures racines :

     

    • Idéalement, il faut des tiges de 2 cm de diamètre minimum.
    • Les tissus plus jeunes étant plus à même de produire des racines, on pratiquera la marcotte aérienne le plus haut possible sur la tige ( à moins de 1 m du sommet pour les grandes plantes ).marcotaéri
    • Une incision au greffoir et un apport d’hormones d’enracinement à l’endroit que l’on désire enraciné sera toujours bénéfique.
       
    • Le ‘’ sol ‘’ que l’on va amener à l’endroit d’enracinement sera bien en contact avec la tige et maintenu bien humide ( il peut s’agir de terreau contenu dans un pot fendu, mais aussi de sphagnum bien ficelé contre la tige et emballé dans du plastique troué…).
    • Il est bon d’enlever les feuilles qui se trouvent à proximité ( juste au dessus et juste en dessous )de la portion prévue pour l’opération.
    • On peut pratiquer plusieurs marcottes sur la même plante

     

    • Inciser la tige à l’endroit choisit pour l’enracinement
    • Hormones puis emballage avec substrat ( ici, sphagnum )

     

    • Emballer le substrat afin de conserver l’humidité ( faire quelques trous d’aération pour éviter la pourriture )

     

    • Une fois les racines apparues, sevrer la portion de tige et la mettre en culture.

     

    3.2.2.6.   Le marcottage enterré

     

    Les bruyères sont des sous-arbrisseaux qui se multiplient aisément par marcottage enterré.

     

    • Au printemps, déterrer les sous-arbrisseaux sélectionnés pour leur bonne santé et leur régularité de forme.
    • Creuser des trous plus grands que les plantes en profondeur et en largeur, de manière à pouvoir les y enterrer des deux tiers et de les reboucher avec un mélange 50% de sable et 50% de tourbe ; bien écarter les branches l’une de l’autre, chacune d’elle donnera une jeune plantule.
    • Surveiller l’arrosage.
    • En automne, chaque tige aura produit des racines ; déterrer les bruyères et sevrer toutes les tiges enracinées ; les empoter séparément dans de la tourbe sableuse ou de la terre de bruyère et les installer dans un endroit abrité du vent et avec possibilité d’ombrage en cas de grand soleil ; surveiller l’arrosage ( sauf s’il gèle ).

    marcotenterre.jpg


     

     

    3.2.2.7.   Le marcottage spontané

     

    Parfois, le marcottage s’apparente à la division ; en effet, certaines plantes qui se marcottent naturellement sont aisées à reproduire, il suffit de séparer les rameaux enracinés du pied mère ; c’est le cas par exemple des Hedera, de certains Cotoneaster, de certains Cornus… Dans ce cas, nous parlerons de marcottage spontané.

     

    • En mars-avril, sélectionner les pousses enracinées en bonne santé, en dégager la racine sans la blesser à l’aide d’une bêche ou d’un transplantoir, sevrer avec un sécateur et repiquer directement en pleine terre ( à laquelle on aura ajouté un peu de terreau si nécessaire ).
    • Protéger du soleil pendant une dizaine de jours et tenir le sol humide.

     


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  • 3.2.3.  La division de touffes

     

    Définition :

    La division consiste à ‘’ découper ‘’  une grosse plante en plusieurs plus petites comprenant racines, tiges et feuilles. Cette opération n’est malheureusement pas possible sur toutes les plantes.

    But :

    Il est évidant que les plantes produites par division, si elles sont cultivées dans de bonnes conditions, sont assurément viables puisqu’elles possèdent déjà tous les organes nécessaires. Le but principal de la division est donc de produire très rapidement des plantes aptes à la vente.

    Conditions de réussite :

    On pratique la division principalement sur les plantes vivaces qui poussent en grosses touffes qu’il suffit de déterrer et de découper à la bêche ou au couteau ; cela s’appelle la division de touffes.

     

    •  La plante divisée est de morphologie favorable à cette opération
    •  Les plantules prélevées sont installées dans des conditions favorables à leur développement ( substrat, air, eau, lumière, engrais…).

      DIVIS-1.jpg

                                   DIVIS2.jpg


                         

     3.2.4.    Les stolons et plantes vivipares

     

    Certaines plantes ( comme le fraisier…) sont dites ‘’ stolonifères ‘’ ; cela signifie qu’elles ont cette particularité de former des stolons, qui sont de jeunes plantules attachées à la plante mère par une tige spécialisée ; il suffit de détacher ces plantules une fois qu’elles sont enracinées et de les replanter…

     

    Il est conseillé de toujours prendre le stolon le plus proche de la plante mère si l’on veut en conserver toutes les qualités…

     stolon-fraisier.jpg

     

     

    Quelques exemples de plantes produisant des stolons :

     

    Fraisiers ; Chlorophytum ; Saxifraga stoloniféra ; Agrostis stolonifera ( une graminée gazon )…

      stolon-chlorophytum.gif

     

    stolonifera Agrostis L jpg jpg

     

     

    D'autres plantes sont dites '' vivipares '', elles produisent de petites plantules viables ou de minuscules bulbes ( bulbilles ) sur leurs feuilles ou tiges. Il suffit de décrocher ces plantules et de les mettre en condition de vie (souvent, on les pose délicatement sur un substrat humide ou on les repique tout simplement).

     

    kalanchoe-daigremontiana-plants.jpg

    Kalanchoe-daigremontianum-loupe-flle.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    On remarque très bien les petites plantules vivipares avec racines sur ces feuilles de Kalanchoé daigremontiana (   Bryophyllum d. )

     

     

     



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